Un agneau génétiquement modifié, doté d'une protéine de méduse, a récemment été expédié à l'abattoir, ses morceaux se retrouvant dans l'assiette d'un consommateur. Ce fait surprenant soulève des inquiétudes concernant la régulation des animaux génétiquement modifiés dans l'alimentation.
Connu sous le nom de Rubis, cet agneau a été destiné à la recherche dans le cadre d'un projet de l'Institut national de recherche agronomique (Inra). Sa vie d'expérimentation a pris fin brutalement le 28 octobre 2014, lorsqu'il a été envoyé à l'abattoir. Selon l'Inra, qui a alerté les autorités judiciaires, cet "agneau-méduse" a été inadvertamment intégré au circuit alimentaire. La structure où il était gardé a été pointée du doigt pour des "tensions" et des "dysfonctionnements" organisés ainsi que pour des comportements individuels inappropriés.
Une enquête administrative ouverte
Face à cette situation, une enquête administrative a été lancée en décembre. Des mesures ont été prises immédiatement : suspension des ventes de bétail, mise à l'écart de l'agent responsable de la dissimulation de l’incident, cessation des expérimentations et destruction du matériel génétiquement modifié à l'Inra. Benoît Malpaux, directeur du site de Jouy-en-Josas, a précisé que le responsable risquait jusqu'à un an de prison et une amende de 75 000 euros. L'affaire a été transmise au pôle de santé publique du Tribunal de grande instance de Paris.
La protéine de méduse et ses implications
Le cas de ce "agneau-méduse" suscite de vives inquiétudes, d'autant plus qu’il y a des lois strictes interdisant la commercialisation des animaux génétiquement modifiés. Historiquement, la France a été secouée par des crises sanitaires comme celle de la vache folle, ce qui accentue l'importance de ce débat. Il est important de noter que l'objectif de l'expérimentation de cet agneau était de rechercher des moyens pour restaurer des fonctions cardiaques défaillantes en utilisant une protéine, nommée GFP, issue de méduse, qui pourrait rendre les cellules fluorescentes.
Selon l'Inra, cette protéine est sans danger et n'est pas toxique pour l'être humain. Elle est régulièrement utilisée dans la recherche, notamment en cancérologie. De plus, il est précisé que Rubis ne produisait pas cette protéine particulière. Cependant, la commercialisation de cet agneau éveille des préoccupations légitimes quant à la sécurité alimentaire et à la transparence dans le domaine de la recherche.







