Des chercheurs américains examinent notre fascination pour les graisses saturées et les défis liés à leur consommation excessive.
Lors d'un repas au restaurant, il est courant de choisir un cheeseburger plutôt qu'un pavé de saumon. De même, des comportements alimentaires comme finir des chips après un apéritif même sans faim sont fréquents. Ces choix soulèvent des questions essentielles : pourquoi les aliments gras nous attirent-ils tant, et pourquoi est-il si difficile de limiter leur consommation ? Des chercheurs ont étudié ce phénomène, qu'ils appellent "l'obésité hédoniste". Leur étude, parue le 21 septembre dans la revue Heliyon, éclaircit ce sujet complexe.
Le gras appelle le gras
Il a été prouvé qu'une heure et demie après un dîner dans un fast-food, notre envie d'un second repas peut surgir. La médecin nutritionniste Nina Cohen-Koubi déclare que "les aliments gras sont attrayants par leur texture crémeuse, mais ne satisfont pas notre faim, poussant ainsi à manger davantage". De plus, les sucres présents dans les sauces et desserts augmentent notre appétit.
- Les acides gras essentiels, comme les oméga 3 et 6, sont cruciaux pour notre santé, présents notamment dans les poissons gras et les huiles végétales.
- Il est important de limiter les graisses industrielles, souvent chargées d'additifs, qui peuvent stimuler le cerveau de manière similaire à des drogues.
La durée du repas joue également un rôle dans la satiété. En moyenne, notre corps envoie des signaux de satiété au bout de trente minutes. La conscience de ce que l'on mange est cruciale. Il est donc stratégique d'éviter de manger rapidement devant un écran pour permettre à notre cerveau de recevoir les bons signaux de satiété.
Les aliments riches : une addiction similaire à celle des drogues
Bien qu'ils soient nuisibles, il est courant de céder sous l'appel des sucreries et de la junk-food, surnommée "comfort food". Une étude du CNRS Paris Diderot a révélé qu'une alimentation riche en graisses active des circuits de récompense dans le cerveau, similaires à ceux impliqués dans les addictions.
- Cette recherche indique qu'une surconsommation entraîne une prise de poids et une diminution des récepteurs à l'insuline, augmentant la fatigue et la sensation de faim.
- En France, l'obésité est un enjeu de santé publique croissant, avec un taux d'obésité passant d'un sur vingt à un sur dix en vingt ans.
(1) Chiffres OCDE, juillet 2014.







