Le phénomène du food-porn pourrait avoir des effets néfastes sur notre alimentation, des conclusions inquiétantes tirées d'une étude parue dans la revue Brain and Cognition.
Les images de plats savoureux, souvent rehaussées par une présentation soignée, suscitent en nous des envies irrépressibles de manger, même sans faim. Ce phénomène a été récemment étudié par des chercheurs de l'Université d'Oxford, qui mettent en lumière son impact sur notre comportement alimentaire.
Les effets de la surenchère visuelle
Charles Spence, spécialiste en perception multisensorielle au sein de cette institution, a mené une méta-analyse regroupant diverses études portant sur l'influence des images alimentaires sur notre cerveau et nos réponses comportementales. Il souligne que lorsqu'une image alléchante capte notre attention, une réponse neurologique significative se produit, marquant une augmentation de 25 % du flux sanguin dans certaines zones cérébrales.
Ces zones sont associées au goût, à l'odorat, ainsi qu'à des mécanismes liés aux besoins fondamentaux tels que manger et boire. Paradoxalement, des circuits cérébraux relatifs à la prise de décision et à l’autocontrôle sont également activés dans ce processus.
Vers une alimentation équilibrée
Le Dr Spence observe qu'en regardant ces images, notre esprit s'embrase d'évaluations gustatives. Nous imaginons la saveur et la texture des aliments, ce qui suscite un désir profond de dégustation. Mais cette dynamique pourrait aussi entrer en conflit avec nos objectifs de poids, entraînant un surplus de consommation calorique même en l'absence de faim.
Cette consommation répétée de food-porn pourrait donc entraîner une augmentation des envies alimentaires, poussant à une suralimentation et, par conséquent, à la prise de poids.
Afin de contrer ces effets, le chercheur a initié un projet visant à promouvoir une alimentation plus équilibrée. Son approche innovante utilise des présentations artistiques, comme la fameuse « assiette de Kandinsky », pour rendre les repas sains plus attrayants. Il espère qu'à l'avenir, ses recherches ouvrent la voie à une redéfinition de la manière dont nous percevons la nourriture, rendant les choix sains tout aussi captivants.







