Saviez-vous que l'apparence de vos aliments préférés est souvent trompeuse ? Les industriels utilisent des colorants pour séduire nos yeux. Éclaircissements par un expert.
Serions-nous attirés par un jambon de Paris à l'apparence terne ou un yaourt à la fraise sans couleur vive ? L'industrie agroalimentaire le sait bien : l'attrait visuel est crucial. Afin d'attirer les consommateurs, les produits doivent afficher des teintes éclatantes. Mais que se cache-t-il vraiment derrière la couleur de ces aliments industriels ? La réponse d'Anthony Fardet, chercheur en alimentation préventive et auteur de Halte aux aliments ultra transformés ! Mangeons vrai.
Le jambon blanc
Contrairement à ce que son nom pourrait suggérer, le jambon blanc est souvent un mélange de blanc et de gris. Le nitrite de sodium, un additif courant dans la charcuterie, est ajouté pour conserver le produit et lui donner une teinte qui rappelle le rose naturel du porc. Cependant, cet additif, référencé comme E250, peut augmenter le risque de cancer colorectal. Une consommation modérée est donc conseillée.
Le tarama
La couleur rose vif du tarama industriel ne provient pas des œufs de poisson, mais d'un colorant, l'additif E120, extrait de la cochenille. Ce pigment carmin est utilisé dans divers produits alimentaires. En quantité raisonnable, il n'est pas dangereux pour la santé.
Les yaourts aux fruits
Les morceaux de fruits ne colorent pas suffisamment les yaourts. Ainsi, les industriels adoptent des colorants comme l'extrait de betterave pour imiter les fruits rouges ou la curcumine (E100) pour apporter une nuance orangée. L'objectif est d'améliorer l'apparence de ces desserts lactés.
Le surimi
La teinte orangée des bâtonnets de surimi ne résulte pas d'un ingrédient marin, mais provient plutôt du paprika. Bien que cette épice soit riche en nutriments, le surimi est majoritairement composé de gélatine et d'autres agents de texture, plutôt que de poisson véritable.
Les saucisses de Strasbourg
Autrefois grises, les saucisses de Strasbourg ont acquis une couleur plus attrayante grâce au colorant carmin (E120) et au nitrite de sodium. Ces additifs, bien que rendant les produits visuellement séduisants, peuvent poser des risques pour la santé lorsqu'ils sont consommés en excès.
(1) Halte aux aliments ultra transformés ! Mangeons vrai, par Anthony Fardet, éditions Thierry Souccar, 256 pages, 19,90 €.







