Mi-février, une étude française a suscité un vif débat en établissant un lien entre les aliments ultra-transformés et un risque accru de cancer de plus de 10%. Bien que les résultats aient attiré l'attention, les chercheurs et les spécialistes mettent en garde contre une interprétation hâtive des données.
Aucune causalité démontrée
Publiée dans le British Medical Journal (BMJ), cette recherche a incité la revue à publier un éditorial rappelant l'importance d'une analyse rigoureuse des résultats. Le BMJ souligne que des facteurs comme le tabagisme et un mode de vie sédentaire étaient plus répandus parmi ceux consommant des aliments ultra-transformés, ce qui complique l’établissement d’un lien de causalité clair.
Catherine Chapalain, directrice générale de l’Association nationale des industries agroalimentaires (Ania), a précisé à RTL qu'une corrélation n'implique pas nécessairement une relation causale. Elle a ajouté : "Il n'a pas été prouvé que les additifs posent un problème".
Un terme flou
Le Dr Ian Johnson, chercheur en nutrition au Quadram Institute Bioscience en Angleterre, a souligné que la définition d'aliments ultra-transformés utilisée dans l'étude est trop vague. Cela rend difficile d'identifier les liens de causalité potentiels. Selon Tom Sanders, professeur en diététique au King's College de Londres, le terme « ultra-transformés » est rarement utilisé par les scientifiques en nutrition.
L'éditorial du BMJ conclut que cette étude ouvre des pistes de réflexion, mais ne répond pas à toutes les questions. Il insiste sur la nécessité de communiquer clairement les forces et les limites de cette analyse, afin d’aider le grand public à mieux comprendre la complexité de la recherche en nutrition.







