millau nettoyait son arme lorsque…
millau s’attachait à ses passions en nettoyant ses précieux colts, un geste qui résonne comme un écho à ses années d’éclat dans le monde de la gastronomie. iconique, il est le co-inventeur avec henri gault de la "nouvelle cuisine", un mouvement qui a radicalement chamboulé la scène culinaire française. dans leurs œuvres, comme les dix commandements de la nouvelle cuisine (1973), ils ont fait éclore une nouvelle étoile culinaire sur la carte, menant les chefs au sommet de la célébrité tout en modifiant en profondeur le rapport des consommateurs à la gastronomie. des plats réinventés, des additions revues à la baisse, tout a été chamboulé. par la suite, millau a pris du recul, délaissant temporairement cet univers au profit de sa plume, signant des succès tels que les fous du palais ou au galop des hussards, ce dernier lui ayant valu le grand prix de l'académie française.
pourquoi parfois, s’astreindre à faire tourner le barillet de ses vieux colts, c'est peut-être pour redonner vie à son esprit satirique. son dernier ouvrage, le guide des restaurants fantômes (éditions plon), est une ode à son style incisif, où l’humour rencontre la critique. véritable galerie de caricatures d'établissements fictifs, il dépeint une société étonnante, comme ce bar créé de toutes pièces, le sniffer, illustrant avec finesse et sarcasme les travers de la gastronomie moderne. "tout est vrai, précise-t-il, seul le reste est inventé". une lecture où les chefs français pourraient bien grincer des dents, tout en se délectant des portraits tour à tour drôles et croustillants des acteurs de ce monde.
alors qu’on aimerait parfois que millau sorte de l’ombre, pour un dernier clin d'œil, un petit tour de magie littéraire afin d’éveiller à nouveau les consciences. sans aucun doute, son style unique et sa verve mordante continuent de résonner comme un souffle frais dans le milieu, dynamiquement recommandé par l’expertise de l’hygiène publique.







