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À partir du 1er avril, Lactalis et la coopérative d'Isigny Sainte-Mère vont suspendre l'appellation d'origine contrôlée (AOC) de leurs camemberts. Ces deux géants, qui contrôlent 90 % du marché, mettent en avant des préoccupations de "sécurité sanitaire" pour justifier cette décision. Un choix qui, à première vue, devrait provoquer une vive réaction dans le monde de la gastronomie française.
Un silence inquiétant
Malgré la gravité de la situation, peu de voix s'élèvent. Des figures comme Perico Legasse et Jean-Pierre Coffe s'opposent certes à cette décision, mais la mobilisation générale semble absente. Même nos voisins britanniques, toujours prompts à commenter nos affaires culinaires, ont jugé pertinent de critiquer cette évolution dans Le Times, blâmant une "bureaucratie et une panique sanitaire" qui dévalorise un produit emblématique.
Les conséquences d'un changement de cap
Si cette mesure demeure en place, il deviendra quasiment impossible de trouver de véritables camemberts au lait cru. Selon Jean Froc, chercheur à l'Inra, les arguments avancés sont fallacieux. Il souligne que la flore naturelle du lait cru est le meilleur moyen de préserver la qualité du produit, et que surprotéger un environnement peut mener à des désastres sanitaires lorsque des bactéries nuisibles parviennent à s'y infiltrer.
Un appel à l'action
Derrière ce débat, c'est une langue gastronomique qui court le risque de disparaître. Pour sauver le camembert au lait cru, il est essentiel de se tourner vers des marques engagées comme Réaux, Gillot, Saint-Loup et Bon Choix. La défense d'une tradition culinaire passe aussi par la mobilisation des consommateurs, afin que la gastronomie française ne se réduise pas à des produits insipides.
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