Le croque-note de François Simon. Aujourd'hui, direction l'Auberge de Philippe Bourdier, à Saint-Jean-de-Linières.
Ce qui attire l'attention chez notre ami le steward, ce sont ses convictions. Il plaide pour l'artisanat, la modestie et le chef passionné, nous menant à des adresses aussi inattendues qu'inoubliables. Qui aurait pensé faire un périple en TGV tôt le matin pour atterrir sur un rond-point d'une zone industrielle à Angers, précisément à Saint-Jean-de-Linières ? L'endroit, bien que peu engageant, se trouve tout de même au cœur d'un trafic intense : 22 000 véhicules y circulent quotidiennement. À première vue, cette auberge, coincée entre de sinistres murs de parpaings, n'inspire guère confiance. Pourtant, le steward avait réservé ici, usant de noms d'emprunt dignes d'un joueur de foot.
Dans le taxi filant vers notre destination, il m'expliquait avec passion l'importance de cette halte : "Philippe Bourdier, ancien second de Le Squer chez Ledoyen à Paris, est une véritable figure à encourager. Il passe d'un menu à 280 € à une formule à 15 €. C'est un défi noble, et je suis curieux de voir comment il saura exprimer tout son potentiel dans ce cadre modeste." À l'écouter, j'en aurais presque pleuré d'émotion. J'ai pris soin de m'assurer qu'il ne tentait pas de me présenter un ami, comme cela avait été le cas précédemment. Mais il semblait réellement convaincu, et son enthousiasme était contagieux. Les formules à 11,50 € ont failli le faire tomber en pâmoison, mais nous avons plutôt opté pour les menus à 25 et 42 €, dont le contenu promettait : cœur de saumon et betteraves, pigeonneau aux légumes laqués, fromages et un assortiment de desserts.
En cuisine, on sentait une réelle détermination et un accès direct aux ingrédients. Ici, tout est clair : le chef souhaite aller droit au but, en cherchant précision et authenticité dans chaque assiette.
Sans chichis inutiles, l'atmosphère de cette petite auberge, récemment réaménagée, est accueillante. Claire, la patronne et épouse du chef, irradie de convivialité et de chaleur. Peu importe votre moyen de transport pour y arriver ; si vous êtes dans les parages, ne ratez pas cette occasion. Le steward, avec un verre de cointreau glacé en main, témoigne de cette expérience mémorable en le reposant avec assurance sur la table. Une déclaration sans équivoque !







